Les murmures du mois

Ce qui se joue d'ici la fin octobre

Ce soir, je t'écris une lettre un peu différente des autres.

Depuis toujours, je ressens ce qui traverse le collectif, surtout celui de notre pays et de notre continent. Une tension dans l'air avant que les infos en parlent, une fatigue qui touche tout le monde en même temps, une colère qui monte sans qu'on sache encore d'où elle vient, des évènements un peu lointains que je sais possibles.

Pendant des années, je vous l'ai partagé dans mes posts sur Instagram. Et puis, après ces partages et la fermeture de Doux Murmures en 2024, j'ai lutté contre cette connexion. Ce que je vivais à l'époque remettait en question ces énergies, ces dates du calendrier, ces passages et ces portails. Il m'a fallu du temps pour voir que j'avais le choix.

Je peux jouer avec ces propositions de la Vie, ou pas. Il y a eu la peur de jouer, puis l'appel du jeu a été plus fort, alors jouons !

Ces lectures de l'énergie du collectif n'ont pas pour but de te faire peur, ou te rendre nerveuse sur ce qui se passe. Je crois profondément que la connaissance rend libre, libre de vivre ce qui se présente comme on le veut. Et tout mon travail dans Doux Murmures avec toi, avec vous, c'est que ce soit l'âme qui gouverne plus le choix du jeu que l'ego.

Alors à partir d'aujourd'hui, une fois par mois, je te raconte ce que je canalise du collectif pour les semaines qui viennent. Ce qui se joue, ce que ça peut réveiller chez toi, et comment le traverser sans t'y perdre. Ce n'est pas une prédiction, c'est ce que je ressens, et tu en fais ce qui te parle.

Dans ces lettres le contenu sera dense, sur Instagram tu retrouveras chaque semaine la phrase qui résume le mieux ce que le collectif est amené à traverser. Je proposerai aussi chaque mois, uniquement sur Instagram, une lecture signe par signe. Maintenant que tous ces rendez-vous entre nous sont posés, passons à notre sujet.

Pour cette première, on regarde la fin octobre.

Ces deux semaines ferment le cycle des liens, des relations dans toutes leurs formes et leurs complexités.

Nos familles, nos groupes, nos alliances passent au crible. Et pendant ce temps, l'imagination collective tourne à plein régime. On rêve, on espère, on attend beaucoup, parfois des choses qui n'arriveront jamais.

Il suffit d'ouvrir les infos pour le voir, chose que perso je ne fais plus, mais qu'on me rapporte. Des lycéens en colère dans la rue, un budget qui demande encore de serrer la ceinture, des retraites qui augmentent moins vite que les prix, une partie de la population qui a l'impression d'être sur la sellette à chaque fois qu'elle passe la porte de son travail. Et une campagne présidentielle qui démarre avec son lot de belles promesses.

Le collectif n'en peut plus de donner sans recevoir, et de porter des systèmes qui ne le respectent plus.

Il se sent comme un enfant qui doit sans arrêt réajuster son comportement, faire attention, confesser ses bêtises, se tenir bien, mais qui en face n'a pas un adulte responsable qui tient son rôle et ses promesses de le guider dans la justesse, l'amour, l'autonomie et un avenir certain.

Envolées les promesses faites lorsque nous étions enfants, les fameuses « moi je n'ai pas eu le choix alors toi tu auras tout ce que tu veux si tu as un diplôme, si tu bosses, si tu écoutes bien. »

Envolés pour beaucoup les rêves, on se désillusionne, on ne croit plus en notre bonne étoile. Parce que oui, sur le papier cela ne fait clairement pas rêver.

Mais pensons-nous encore, à tort, que quelque chose ou quelqu'un veut nous punir ?

Le collectif vient toucher une croyance profondément ancrée qui est celle selon laquelle notre existence devrait nous rendre ce que nous avons mérité.

De là découle une sorte d'organisation autour d'une forme de dette permanente. Nous aurions mal agi, mal pensé, mal choisi. Il faudrait alors devenir meilleurs, évoluer davantage, purifier ce qui nous traverse pour enfin atteindre une forme de légitimité.

C'est une mécanique que l'on retrouve jusque dans la spiritualité. L'individu finit par considérer que sa véritable nature lui sera accessible lorsqu'il aura suffisamment travaillé sur lui-même.

Mais je t'invite à te plonger dans cette question.

Qui est exactement celui qui se croit coupable, et devant qui doit-il se justifier ?

Petite aide pour répondre, ce n'est pas ton grand-père paternel ou ta mère qui n'a pas guéri ses traumas.

L'ego collectif s'est énormément construit autour du discours. Il nomme, explique, analyse, interprète, juge, revendique et cherche constamment à donner un sens à ce qu'il traverse.

Nous vivons dans une époque où chacun est encouragé à formuler une opinion, à définir son identité, à défendre sa vérité, à raconter son cheminement.

Même la conscience devient parfois quelque chose qu'il faudrait savoir expliquer, or nous sommes invités à regarder cette manière d'agir. Il pourrait y avoir une forme d'épuisement du récit collectif, de sa ligne de conduite. Les explications qui permettaient auparavant de maintenir certaines identifications perdent de leur efficacité, le mental peut continuer à chercher une réponse, mais il rencontre quelque chose qui ne se laisse pas saisir.

La reconnaissance du Soi passe par une investigation de celui qui pense, cherche et s’identifie aux expériences.

Ramana Maharshi

Alors je sens ici qu'un silence va se poser, un état où la nécessité de commenter et de s'approprier chaque expérience s'apaise. On pourra croire à un retour en arrière, mais il n'en est rien.

Le silence est rempli d'informations pour celui qui sait écouter.

Les trois temps de la quinzaine

Jusqu'au 19 octobre, c'est le temps du tri. On sent très bien ce qui a un avenir et ce qui n'en a pas, et la peur d'échouer peut nous faire garder ce qui devrait partir. C'est le bon moment pour finir ce qui traîne plutôt que d'ouvrir un nouveau chantier.

La question à te poser, qu'est-ce que je garde par peur, et qu'est-ce que je garde parce que ça a vraiment de la valeur ?

Du 20 au 24 octobre, ce sont les règles du groupe qui tremblent. Au travail, en famille, entre amies, chacun tire un peu la couverture à soi, et on voit vite qui divise et qui rassemble. C'est confus, mais c'est souvent de ce désordre que naît une façon plus juste de faire ensemble.

À partir du 24, les malentendus se multiplient. Écoute vraiment, relis avant d'envoyer, et ne signe rien sous pression. Tranquille Émile.

Du 25 au 31 octobre, on touche au sens.

Le 25, on passe à l'heure d'hiver, et la nuit qui tombe plus tôt nous ramène à la maison, auprès de ceux qu'on aime avec un petit sentiment de « oh merde, j'ai l'impression de pas avoir vu le jour ! ». C'est là que la relation avec toi-même sera importante à évaluer. Où mets-tu du sens et où ne devrais-tu plus en mettre ?

Le 26, la Pleine Lune met face à face deux besoins, prendre soin des autres et, comme je le disais juste au-dessus, trouver ce qui donne du sens à sa propre vie. Les émotions sont à fleur de peau, alors aucune grande décision à chaud ce jour-là.

Et le 31, c'est Halloween ou Samhain pour les intimes. Le voile s'affine, et les vieux schémas, ceux qui se répètent depuis des générations, remontent à la surface pour être enfin regardés. Plus de dettes, plus de culpabilité, on rend à mémé et pépé ce qui leur appartient, c'est-à-dire que l'on ne vient plus s'identifier dans ces croyances et ces mémoires. On a choisi de les apporter avec nous dans cette incarnation, certes, mais c'était pour reconnaître que cela ne dit absolument rien sur ce que nous sommes « réellement ».

Petit rappel, rendre ce qui ne t'appartient pas, ce n'est pas te défausser de quelque chose. C'est redéfinir ton terrain de jeu avec des règles qui n'alourdissent pas ton avancée dans le game. Rendre ce qui n'est pas à toi, c'est accueillir la possibilité que le schéma se rejoue mais que toi tu décides de faire autrement avec ce qui t'est présenté.

Pour surfer sur la vague sans te la prendre

Tu n'as rien à mériter, et aucune dette à rembourser.

Rêve, mais sans t'accrocher à ce que tu imagines. Et quand le bruit du monde devient trop fort, baisse le son, ralentis, et laisse le silence te dire ce qu'aucune explication ne peut te donner.

Ça a l'air simple, et pourtant ça demande un sacré courage.

L'automne, lui, ne fait que ça. Il laisse tomber ce qui est mûr sans se demander si c'est dommage, et sans avoir à se justifier.

C'est pour ça que j'ai canalisé la Facilitation d'Automne, pour vivre ensemble l'énergie de cette saison dans ton corps, ton cœur et ton esprit.

Elle tourne autour de trois mouvements, ce qui arrive à maturité, ce qui demande à être laissé derrière, et ce qui mérite d'être gardé pour la suite.

Elle est ouverte jusqu'au 21 décembre • 15 €.

Vivre la Facilitation d’Automne

Et toi, quand tu te demandes qui se croit coupable en toi, qu'est-ce qui te vient ? Tu peux me répondre en toute intimité, en quelques mots par email ou en commentaires sur les posts des Murmures du mois.

Avec douceur,
Marine

Ce murmure, tu le lis avec une semaine de retard.

Les prochains arrivent directement dans ta boîte mail, le jour où ils partent.

Et entre deux murmures, je partage mon chemin sur Instagram @doux.murmures