Ce que j'ai canalisé pour le 10.10.10
Hello !
Ce 10 octobre, je n'avais pas prévu de t'écrire. Et puis, en préparant la facilitation du portail, j'ai vu plusieurs systèmes symboliques que j'aime, la numérologie, le tarot, l'astrologie, la Kabbale, raconter une même histoire, chacun depuis son propre angle. J'ai eu envie de te la partager, parce qu'elle va beaucoup plus loin que les portails habituels de renouveau, d'abondance, ou de manifestation.
Ce que je vois émerger, c'est la fin de l'identification à ce qui tourne en nous, l'ego, et la reconnaissance de ce qui demeure au milieu du mouvement, le Soi.
Trois 10 qui ramènent à l'Un
Le 10 du jour, le 10 du mois, et l'année 2026 elle-même, puisque 2 + 0 + 2 + 6 font 10.
Le 1, c'est la première impulsion, le commencement, l'individuation. Le 0, c'est le potentiel encore indifférencié, l'espace dans lequel tout peut apparaître.
Le 10 porte donc en lui un cycle qui arrive à son accomplissement ET une nouvelle expression qui peut en naître.
Ce qui est beau à voir, c'est que le 10 ne revient pas au 1 en effaçant les neuf étapes d'avant, il y revient après les avoir traversées. C'est une conscience qui a fait l'expérience de la multiplicité, de toutes ses dimensions, et qui retrouve son unité.
Tu sais que j'aime bien l'image des poupées russes, d'imbrication. Et ici on peut voir 3 imbrications.
Ce que tu as vécu et traversé dans ton histoire personnelle.
Ce que tu as construit au contact des autres, les attachements, les rôles, les attentes, les contrats silencieux.
Ce qui dépasse le personnage, et l'idée qu'il serait l'auteur séparé de sa propre vie.
Et si je vais un peu plus loin, 10 + 10 + 10 font 30, donc 3, le nombre de l'Impératrice dans le tarot, celui de la fécondité.
Regarde, le passage ne s'arrête pas à reconnaître quelque chose à l'intérieur. Il pose aussi la question de ce que tu vas pouvoir vivre et créer, concrètement, à partir de là.
Ce n'est pas la promesse d'un renouveau de plus. C'est une question qui reste ouverte : qu'est-ce qui, dans ta vie, demande à être vécu et créé, maintenant que tu vois d'où tu regardes ? Et parfois, la réponse fait apparaître ce qui n'est plus fertile, sans qu'il soit besoin de le forcer à partir.
La Roue de Fortune : qu'est-ce qui ne tourne jamais ?
Depuis deux ans je me passionne pour la puissance du tarot. Alors je te fais un petit lien ici entre le 10, dans le tarot, la Roue de Fortune et ce portail.
La Roue de Fortune se lit souvent comme les cycles, les retournements, ce qui échappe à notre volonté. Mais je crois aussi qu'elle pose une question beaucoup plus non-duelle.
Qui tourne avec la roue, et qu'est-ce qui, dans ton expérience, ne tourne jamais ?

Si tu regardes, sur le bord de la roue, tout change :
nos relations, nos corps, nos émotions, nos identités, et même nos certitudes spirituelles.
La part de nous qui s'identifie au personnage voudrait retenir ce qui lui plaît et empêcher le retour de ce qui l'a fait souffrir.
La Roue nous montre que cette position est impossible à tenir.
C'est exactement ce que je vois dans les mémoires cellulaires aujourd'hui.
Ces situations qui reviennent avec d'autres personnes, dans d'autres décors, et pourtant avec la même dynamique au fond. Tant qu'on se reconnaît uniquement dans un rôle à l'intérieur du cycle, chaque tour semble confirmer son histoire.
Au centre de la roue, en revanche, rien ne bouge.
Les pensées passent, les émotions se succèdent, et ce qui les voit passer n'est ni une pensée ni une émotion.
D'ailleurs Ramana Maharshi invitait à regarder ce « je » auquel on rapporte toutes nos expériences.
Quand tu dis « je revis toujours la même chose », il y a ce qui se répète, et il y a ce « je ». Regarde d'où il vient, ce n'est pas du tout la même chose à regarder.
Au sommet de la roue se tient le sphinx, qui garde l'équilibre au cœur du mouvement et rappelle l'énigme de l'identité.
Qui suis-je, quand les formes à travers lesquelles je me reconnais changent sans cesse ?
Ce que je sens dans ce passage 10.10.10, c'est qu'il nous parle plus de reconnaître ce que nous sommes que de changer notre destin.
La Balance et Vénus rétrograde : la place que tu occupes
Ce 10 octobre, la Nouvelle Lune a lieu en Balance.
La Balance parle d'équilibre et de justice, mais surtout de la place qu'on prend dans un ensemble, ce que l'on donne, ce que l'on reçoit, ce que l'on accepte, les compromis qu'on entretient pour préserver nos liens.
Elle met le doigt sur une confusion qui émane directement de notre croyance en la séparation, que nous devons nous adapter pour être aimées.
Combien d'entre nous restent à une place devenue inconfortable parce que leur identité s'est construite autour de cette fonction, parce qu'elles se sentent responsables de la paix, des besoins ou des réactions des autres ?
La Balance est gouvernée par Vénus, qui est justement rétrograde en Scorpion en ce moment. Vénus parle d'amour, de valeur et de désir, le Scorpion de profondeur, d'attachements, de pouvoir et de ce qui reste caché. Et pendant sa rétrogradation, Vénus va revenir en Balance, comme pour revisiter nos liens.
Ensemble, elles nous invitent à regarder ce qui se trouve derrière nos manières d'aimer. On peut savoir combien on a besoin de liberté et continuer à créer des liens où l'on s'efface. On peut vouloir une relation équilibrée et avoir tellement de mal à recevoir.
Alors aujourd'hui avec cette énergie 10.10.10 on vient soulever une question essentielle sur notre identité.
Quelle part de mon identité dépend encore de la place que j'occupe auprès de l'autre ?
Et quand je dis l'autre je ne parle pas forcément d'un autre humain, je parle de tous les liens, de toutes les relations, de tout ce qui te met toi face à quelque chose.
La main qui retient, la main qui s'ouvre
Dans la Kabbale, l'Arbre de Vie compte dix sefirot, et la dixième, Malkhout, c'est le Royaume, le monde manifesté, là où ce qui était principe devient expérience. On peut avoir compris que l'amour ne se mérite pas et continuer à chercher l'approbation. On peut savoir que la vie échappe au contrôle et se contracter au premier imprévu. C'est dans les gestes ordinaires qu'une compréhension devient vivante.
Dans la tradition hermétique, la Roue est aussi associée à la lettre hébraïque Kaph, la paume de la main. Une main peut saisir, retenir, posséder. Elle peut aussi s'ouvrir, recevoir et laisser partir. Toute notre tension face au mouvement de la vie tient dans cette image.
Qu'est-ce que je continue à vouloir retenir, alors que la vie a déjà commencé à transformer cette forme ?
Que ta volonté soit faite
La Roue nous rappelle que nous ne maîtrisons pas le mouvement de la vie, la Balance que nous sommes sans cesse invitées à nous y positionner, et la non-dualité pose une question que j'adore poser en séance : que reste-t-il à contrôler quand on ne se vit plus comme séparée de la vie ?
Au jardin des Oliviers, la nuit où il a peur, Yeshua dit : « Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse. » Ce n'est pas de la passivité. Il faut parfois une grande clarté pour distinguer une réaction conditionnée ou une vieille peur d'une action qui s'impose avec évidence. La Présence n'annule pas le discernement, elle lui donne un autre point de départ.
Ce que j'ai canalisé pour toi
C'est tout cela que j'ai canalisé dans la facilitation de ce 10.10, en trois passages, comme les trois 10. La reconnaissance du cycle, ce qui semble toujours te ramener au même endroit. Le réajustement de ta place, celle que tu continues d'occuper par fidélité à une ancienne image de toi. Et le retour au centre, ce qui reste quand tout ce qui te définit est laissé libre d'être.
Je l'ai offerte aux lectrices des Murmures le jour même, avec cette lettre.
Avec douceur,
Marine
Ce murmure, tu le lis avec une semaine de retard.
Les prochains arrivent directement dans ta boîte mail, le jour où ils partent.
Et entre deux murmures, je partage mon chemin sur Instagram @doux.murmures